Stefan Kaegi met with people who, for different reasons, have chosen to prepare their departure. Each audience member is invited to visit eight rooms, each presenting an account of what the person wishes to leave behind after their passing.
Stefan Kaegi met with people who, for different reasons, have chosen to prepare their departure. Each audience member is invited to visit eight rooms, each presenting an account of what the person wishes to leave behind after their passing.
For this project, the director Stefan Kaegi and the scenographer Dominic Huber – accompanied by the filmmaker Bruno Deville and the dramaturg Katja Hagedorn – met with people who, for different reasons, have chosen to prepare their departure. Together, they devised individual rooms, each presenting an account of what the person wishes to leave behind after their passing. Each audience member is invited to visit eight rooms designed as thresholds between presence and absence.
Itinerant show
Installation/Theatre
In french, german and english, french and english subtitles
Friday, March 31, 2017 - 2:30pm | Fri 31.03 | 14h30 |
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Friday, March 31, 2017 - 4:00pm | 16h00 |
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Friday, March 31, 2017 - 5:30pm | 17h30 |
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Friday, March 31, 2017 - 7:30pm | 19h30 |
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Friday, March 31, 2017 - 9:00pm | 21h00 |
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Saturday, April 1, 2017 - 12:15pm | Sat 01.04 | 12h15 |
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Saturday, April 1, 2017 - 1:45pm | 13h45 |
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Saturday, April 1, 2017 - 3:15pm | 15h15 |
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Saturday, April 1, 2017 - 5:00pm | 17h00 |
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Saturday, April 1, 2017 - 6:30pm | 18h30 |
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Sunday, April 2, 2017 - 12:00pm | Sun 02.04 | 12h00 |
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Sunday, April 2, 2017 - 3:00pm | 15h00 |
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Sunday, April 2, 2017 - 5:00pm | 17h00 |
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Sunday, April 2, 2017 - 6:30pm | 18h30 |
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Stefan Kaegi réalise des pièces de théâtre documentaire, des pièces radiophoniques et des mises en scène dans l’espace urbain sous les formes les plus diverses, donnant la parole à ceux qu’il appelle les « experts du quotidien ». Il les interroge, les invite à jouer leurs propres rôles, souvent sur le plateau, et invente à partir de là des dispositifs généralement immersifs interrogeant les réalités sociales ou politiques de notre temps. Il forme le collectif Rimini Protokoll avec Helgard Haug et Daniel Wetzel. Stefan Kaegi a présenté à Vidy Mnemopark (2007), Airport kids (2008) et, en 2014, l’installation scénique Situation Rooms. Il a reçu le Grand Prix suisse de théâtre/ Anneau Hans-Reinhart 2015.
Architecte de formation, Dominic Huber est metteur en scène et scénographe. Ses installations scéniques, comme celle de Situation Rooms, sont des espaces qui peuvent souvent être expérimentés de l’intérieur par un individu ou un groupe. Dans le sens d’une réalité augmentée, elles visent à intensifier les expériences sensorielles en modifiant, activant et manipulant de véritables espaces et situations.
"Rimini Protokoll stösst uns an die Schwelle des Todes"
Concept:
Stefan Kaegi / Dominic Huber (Rimini Protokoll)
Video:
Bruno Deville
Dramaturgy:
Katja Hagedorn
Creation assistants:
Magali Tosato
Déborah Helle (intern)
Scenography assistants:
Clio Van Aerde
Marine Brosse (intern)
Technical conception and construction:
Théâtre Vidy-Lausanne
Production:
Théâtre de Vidy
Coproduction:
Rimini Apparat – Schauspielhaus Zürich – Bonlieu Scène nationale Annecy et La Bâtie-Festival de Genève dans le cadre du programme INTERREG France-Suisse 2014 - 2020 – Maillon, Théâtre de Strasbourg - scène européenne – Stadsschouwburg Amsterdam – Staatsschauspiel Dresden – Carolina Performing Arts | University of North Carolina at Chapel Hill
With the support of:
Fondation Casino Barrière, Montreux
Le Maire de Berlin - Chancellerie du Sénat - Affaires culturelles
Premiere 14th September 2016 at Théâtre Vidy-Lausanne
Awards:
Premio UBU in Italy for the best foreign show 2018
Grand Prix and Prix Politika from Festival Bitef 2018
"Grâce à une médecine de plus en plus performante, il devient possible de reporter la fin de la vie de plus en plus tardivement, alors que la législation accorde, à l’inverse, le droit de décider du moment et des circonstances de son propre décès."
Eric Vautrin
Nachlass, de nach, après, et lassen, laisser. Nachlass, comme ce que laisse un défunt derrière lui. Le metteur en scène Stefan Kaegi et le scénographe et plasticien Dominic Huber, rejoints par le cinéaste Bruno Deville et la dramaturge Katja Hagedorn et assistés de Magali Tosato, ont enquêté sur la mort aujourd’hui. C’est en effet devenu un enjeu de société majeur : au cours du siècle dernier, l'espérance de vie en Suisse a augmenté de près de 40 ans. Grâce à une médecine de plus en plus performante, il devient possible de reporter la fin de la vie de plus en plus tardivement, alors que la législation accorde, à l’inverse, le droit de décider du moment et des circonstances de son propre décès. Et les questions liées à la fin de vie, à la solidarité entre les générations ou à l'impôt sur les successions sont âprement débattues.
Ainsi la mort relie et condense aujourd’hui des enjeux personnels et familiaux, mais aussi éthiques, médicaux, économiques, urbanistiques, sociaux, culturels et spirituels, sans qu’il soit possible de les distinguer simplement. En quoi les lois et les progrès médicaux affectent-ils les choix personnels? Quelle place pour les traditions et les rituels à l’heure de la globalisation et de la mort anticipée?
Pour y répondre, l’équipe rassemblée autour de Stefan Kaegi s’est rendue pendant deux ans dans des centres de soins palliatifs et des hôpitaux, dans des laboratoires scientifiques et des entreprises de pompes funèbres, auprès de médecins légistes, de neurologues et de notaires, dans des maisons de retraite et auprès de communautés religieuses – pour qui la mort est une affaire courante. Ils ont rencontré ensuite des personnes qui prévoient, pour différentes raisons, leur propre mort. Ils ont préparé avec certaines d'entre elles une chambre particulière mettant en scène leur nachlass, les traces de leur vie qui leur surviraient, ou la manière dont elles envisagent leur propre disparition: la mise en scène d’une transmission, d’un legs, d’un partage avant de partir. La distance inhérente à tout projet artistique a permis à ces personnes de se risquer à anticiper leur mort de leur vivant, en imaginant à quoi pourrait ressembler un espace qui évoquerait leur souvenir quand elles ne seront plus là. Un couple âgé, décidé à mourir ensemble, raconte sa vie et se rappelle sa jeunesse ; une femme réalise un rêve avant de mourir ; un père s’adresse à sa fille ; un scientifique examine techniquement ce qui lui survivra ; un Zurichois d’origine turque voit son décès comme un retour aux origines dans son pays natal.
Les huit chambres ainsi préparées sont devenues autant des lieux de mémoire que l’occasion de confidences des absents aux présents. Chaque témoin a choisi la place qu’il donne à ses hôtes de passage que nous sommes, et sa manière de transmettre quelque chose de sa vie. Il met en scène son absence autant que la situation d’écoute, et il nous parle.
Les chambres sont ainsi autant de seuils entre la présence et l’absence, entre la vie et la mort, témoignage sensible de la seule expérience humaine à ne pouvoir être relatée. Créant ainsi une situation inédite éminemment théâtrale – la scène est toujours un seuil entre la fiction et le réel, l’absent et le présent – Nachlass s’adresse aux vivants et rappelle, s’il en était besoin, que les morts ne disparaissent pas avec le décès. Ils interviennent au contraire dans la vie des vivants et interagissent avec eux, dialoguent, influencent, proposent, invitent à entrevoir sa propre vie différemment. Ainsi, Nachlass n’expose pas l’oeil noir et aveugle de la mort, mais dessine les contours des limbes d’aujourd’hui et montre comment, quoi qu’ils en disent, les vivants accueillent les défunts et cheminent avec eux.
Ainsi le théâtre documentaire de Rimini Protokoll témoigne-t-il de la relation paradoxale que la société contemporaine entretient avec la mort. Car si notre modernité s’est caractérisée par son déni jusqu’à refouler les mourants hors de l’espace familial, dans l’anonymat de l’hôpital, elle n’a jamais été aussi médiatiquement exposée et socialement présente. Pourtant, cette récurrente mise en scène médiatique, médicale et sociale ne peut parvenir à surclasser le scandale de la disparition. De quoi est faite la vie que nous avons vécue, quel souvenir laisserons-nous, combien de temps les vivants l’entretiendront-ils, quel sera notre legs aux générations suivantes – restent des questions qui ne disparaissent pas avec les formulaires administratifs et les questions éthiques liées à la fin de vie. Et si prévoir n’est pas accepter, le souci de sa propre finitude est peut-être aussi la condition d’une vie sereine. Ainsi Nachlass, au-delà de son témoignage social ou sociétal, rappelle à chacun ce qui le lie aux autres et à son temps, ce qu’il reçoit et ce qu’il transmettra.
Eric Vautrin
"Il y a eu un moment, dans le théâtre comme dans la société, où tous les moyens de communication fonctionnaient à sens unique. Le théâtre n'a plus besoin de parler d'une scène illuminée où des virtuoses génies veulent être admirés par des gens dans le noir, qui sont là pour admirer."
Stefan Kaegi par Alain Croubalian, RTS, 14.09.2016
Vivre, mourir, transmettre:
Théâtre documentaire:
"Le théâtre "immersif": l’expérience du spectateur est-elle une forme d’expérimentation?" Séance n°5 du Séminaire Représenter/Expérimenter pour l’année 2013-2014 - lire
"Transmetteur du réel, une approche du jeu d'acteur dans le théâtre documentaire" Kathrin-Julie Zenker - lire
Sur Rimini Protokoll:
H. Haug, S. Kaegi, D. Wetzel: Rimini Protokoll: ABCD, Verlag Theater der Zeit, 2013 (en allemand)
Revue MIMOS 2015, numéro Stefan Kaegi / Rimini Protokoll, Peter Lang Verlag, Bern, 2015 - lire
S. Kaegi, Reenactment, in Shannon Jackson, Keywords anthology, 2016 - lire
Interview with Stefan Kaegi in: Guidebook for hopefully seeking the audience: Audience Expolrations, Guidebook for hopefully seeking the audience - en savoir plus