Les êtres vivants ne se quittent pas facilement

Voyage à Tokyo est une pièce qui porte les habits de la nostalgie. Elle est racontée comme des souvenirs que l’on partage et que l’on garde au fond de soi pour le reste de sa vie. Dorian Rossel réussit à faire du cinéma au théâtre et c’est un plaisir immense pour la cinéphile que je suis; les scènes, les décors, les personnages, tout évolue sous nos yeux avec une aisance folle. En respectant mutatis mutandis la même trame que le film d’origine, le metteur en scène a su rendre sa pièce unique faisant danser, chanter, jouer et virevolter ses comédiens et comédiennes.

De la Démocratie en Amérique ou le rituel des mots

Après avoir assisté à la Première de Democracy in America de Roméo Castelluci, la réaction qui nous vient en sortant de la salle est ‘’wow’’ et celle qui la suit juste après est plutôt ‘’mais au fait… qu’est-ce que je viens de voir ?’’. La représentation, qui devait durer 135 minutes et qui a été écourtée d’une quarantaine de minutes n’en reste pas moins très riche. Une juxtaposition de tableaux défilent sous nos yeux, mêlant textes, théâtre, musique et danses.

Œil pour œil, dent pour dent, mort pour mort et Mesure pour Mesure

‘’Surveiller et punir’’, c’est de cette façon que le régent prend les rênes du royaume après le départ du duc, qui ne partira jamais réellement. Et c’est de cette façon que son hypocrisie le rattrapera lorsque, en sa qualité de dirigeant, il sera amené à lire sa propre sentence : Œil pour œil, dent pour dent, mort pour mort et mesure pour mesure.

Œil pour œil, dent pour dent, mort pour mort et Mesure pour Mesure

‘’Surveiller et punir’’, c’est de cette façon que le régent prend les rênes du royaume après le départ du duc, qui ne partira jamais réellement. Et c’est de cette façon que son hypocrisie le rattrapera lorsque, en sa qualité de dirigeant, il sera amené à lire sa propre sentence : Œil pour œil, dent pour dent, mort pour mort et mesure pour mesure.

« Nulle chose n’existe qui n’en touche une autre »

"Hop hop hop, le petit Daniel s'en va" et nous partons avec lui dans ce voyage qui nous plonge en plein coeur de ses souvenirs d’internement, de ses pensées les plus sinistres et de ses désirs les plus ardents.

C’est l'histoire d'un petit garçon quinquagénaire qui est traumatisé par les atrocités de la guerre et c'est l'histoire d'un petit garçon qui ne peut pas s'extraire de son passé. Racontée avec des expressions si savamment choisies, cette pièce vous laisse un goût de sang dans la bouche.

I’m calling you

Dès les premières minutes, cette pièce me rappelle cette maxime : « Vanité des vanités, tout est vanité ». Les quatre comédiens se demandent sans cesse « Qu’est-ce que ça change ? ». En effet, ce petit refrain revient tout au long de la pièce pour terminer sur cette phrase, qui se répète inlassablement : « De toute façon, ça finit toujours pareil. Les dimanches les gens se disputent ».