Le silence divin

En sortant de «Democracy in America», je me suis surpris à utiliser le terme «photographie» pour en parler. Et pour cause : Castellucci nous convoque pour une séance de diapositives sur le rêve américain. On contemple des scènes dignes de paysages impressionnistes à travers un tulle géant. En bref, l’aspect plastique de l’oeuvre est un régal pour les yeux.

Les limites de l’éveil

Rêve et Folie, l’adaptation du poème de Georg Trakl par Claude Régy se veut une expérience à la limite de la perception dans le monde surréel de l’auteur. En 55 minutes et comme quelques uns de mes camarades de rang, j’ai surtout flirté avec le sommeil.

Le texte est là : un poésie entre Rimbaud et Lautréamont, un écrivain maudit, torturé par ses sentiments, rongé par la culpabilité et la drogue ; bref, un choix romantique. Yann Boudaud porte le texte avec la force d’une déclamation, oscillant entre simple délire et accès de folie.

Battre la mesure

Vienne, dans ce que l’on sent être ni vraiment le passé, ni vraiment le présent. Karim Bel Kacem, pour le dernier volet de sa trilogie des «Pièces de chambre», nous place de part et d’autres de deux salles voisines, une petite salle de réunion et une salle d’hôpital/prison. C’est William Shakespeare qu’il a décidé de mettre en scène dans cet aquarium.

Un beau rouge

Le spectacle s’annonce immanquable : une adaptation d’un célèbre roman autobiographique néerlandais, joué depuis plus de 10 ans en 4 langues, interprété par Dirk Roofthooft, un acteur de grand-cru, avec une scénographie ayant recours à 7 caméras en direct. Force est de constater que le contrat est rempli.

Il est réjouissant d’assister

Vincent Macaigne court. Il court, crie, crée, écrit et ça se sent. Son théâtre est un spectacle, une performance où le public se fait hurler dessus, quand on ne lui tend pas une bière pour venir danser.

C’est l’histoire de Madame Burini, riche amatrice d’art qui nous emmène dans sa fondation qu’elle qualifie elle-même d’échec total. Et puis elle nous présente sa fille, qui flirte avec une jeune anarchiste et l’image du Che. Et les choses se compliquent encore…

La représentation travaille son objet

Adeline Rosenstein, debout devant son lutrin, attends que nous soyons installés dans nos sièges pour commencer. La pièce commence, les lumières sur le public ne s’éteigne pourtant pas. Pièce, je devrais dire conférence d’ailleurs. En 3h30, entracte comprise, comme dans un cours à l’université, elle décide de saisir la question de la Palestine. Elle nous propose un verre d’eau de temps à autre. Elle a apporté des projections.